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Conseils notariaux

Donation de son vivant : règles, abattements et frais en 2026

Donation de son vivant en 2026 : 100 000 € par enfant tous les 15 ans, cas où le notaire est obligatoire, frais sur le barème officiel, usufruit
Une main qui remet un jeu de clés de maison dans la main ouverte d’une autre personne

La réponse en 15 secondes

Une donation de son vivant transmet la propriété d’un bien ou d’une somme d’argent à un proche avant le décès, sans contrepartie et de façon définitive.

Pour donner un bien immobilier, le notaire est obligatoire. Pour donner de l’argent, il ne l’est pas, mais la déclaration au fisc l’est.

Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans aucun droit à payer, et ce compteur se remet à zéro tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants transmet donc 400 000 € en franchise totale, puis autant quinze ans plus tard.

  • Un bien immobilier ne peut pas faire l’objet d’un don manuel : la loi impose l’acte notarié, quelle que soit la valeur.
  • Un don d’argent se déclare en ligne depuis le 1er janvier 2026, et le silence coûte plus cher que l’acte.
  • Une fenêtre fiscale exceptionnelle ferme le 31 décembre 2026 : 100 000 € de plus, exonérés, si l’argent finance un logement neuf ou une rénovation énergétique.
  • Donner n’oblige pas à se dépouiller : on peut transmettre la propriété et garder l’usage du bien jusqu’à son décès.

Faut-il obligatoirement un notaire ?

C’est la première question, et la réponse ne dépend pas du montant. Elle dépend uniquement de la nature de ce que vous donnez.

L’article 931 du code civil le formule sans ambiguïté : tout acte portant donation entre vifs se passe devant notaire, à peine de nullité. Le don manuel ne peut pas porter sur un bien immobilier, et la donation d’un bien immobilier nécessite un acte devant un notaire. Il n’existe aucun seuil en dessous duquel on y échapperait, aucune procédure simplifiée, aucune plateforme en ligne qui remplacerait l’acte.

Code civil posé sur le bureau de l’étude, à côté des cartes de visite de Maître Bolufer
L’article 931 du code civil tient en une phrase : une donation entre vifs se passe devant notaire, à peine de nullité.
Ce que vous voulez donnerNotaireCe qu’il faut retenir
Maison, appartement, terrain, parts de SCIObligatoireAucune exception. L’acte doit être publié au fichier immobilier.
Donation-partage entre plusieurs enfantsObligatoireC’est ce qui fige la valeur des lots et évite la dispute au décès.
Donation entre époux, dite au dernier vivantObligatoireElle augmente la part du conjoint survivant.
Somme d’argent, virementFacultatifDéclaration au fisc obligatoire, en ligne depuis le 1er janvier 2026.
Bijou, voiture, meuble, tableauFacultatifMême règle : pas d’acte imposé, mais une déclaration.
Titres, actions, parts non cotéesFacultatif, vivement conseilléL’évaluation est le point qui fâche avec l’administration.

Ce qui impose un acte notarié, et ce qui ne l’impose pas. Source : article 931 du code civil pour la forme notariée. La déclaration au fisc des dons sans acte reste obligatoire dans tous les cas.

La ligne de partage tient en une phrase : tout ce qui se transmet par une signature chez le notaire passe par le notaire, tout ce qui se transmet de la main à la main ou par virement peut s’en passer.

Facultatif ne veut pas dire inutile

Un don d’argent sans acte reste un don « rapportable » : au décès, il se rajoute à la succession pour recalculer la part de chacun, à sa valeur du jour du décès pour certains biens. Un enfant qui a reçu 50 000 € il y a quinze ans et les a placés dans un appartement qui en vaut aujourd’hui 200 000 € peut se voir reprocher la différence. L’acte notarié est ce qui fixe les règles du jeu à l’avance.

Les formes de donation de son vivant

La forme choisie décide du calcul fait au décès du donateur. Une donation simple faite à un enfant revient dans les comptes de la succession pour vérifier l’égalité entre héritiers. Une donation-partage reste en dehors de ces comptes.

Forme et notaireEffet au décès du donateurPour qui
Donation simple
Notaire obligatoire
Faite à un héritier, elle est rapportée à la succession pour la valeur du bien au jour du partage, d’après son état au jour de la donation, sauf si l’acte la déclare hors part successorale.Un enfant, un proche ou un tiers.
Donation-partage
Notaire obligatoire
Non rapportée. Les biens gardent leur valeur du jour de l’acte quand chaque enfant a reçu et accepté un lot.Les héritiers présomptifs : les enfants, et les petits-enfants avec l’accord de leur parent.
Don manuel
Notaire facultatif
Rapporté comme une donation simple. Une somme d’argent qui a servi à acheter un bien est rapportée pour la valeur de ce bien.Argent, titres, meubles. Jamais un bien immobilier.
Présent d’usage
Ni acte ni déclaration
Non rapporté.Un cadeau fait pour une occasion, anniversaire, mariage ou fête, d’une valeur en rapport avec la fortune de celui qui donne.
Donation entre époux, dite au dernier vivant
Notaire obligatoire
Elle ne produit son effet qu’au décès et augmente la part du conjoint survivant.Les époux. Les partenaires de PACS et les concubins n’y ont pas accès.

Les cinq formes de donation. Sources : articles 843, 852, 860, 860-1, 931, 1075 et 1078 du code civil, ouverts sur Légifrance le 12 octobre 2026 ; impots.gouv.fr, page « Donations par acte notarié », modifiée le 7 janvier 2026 ; service-public.gouv.fr, fiches « Faire une donation-partage » et « Comment faire une donation au dernier vivant ? », vérifiées le 5 octobre 2026.

Une donation ne peut pas entamer la part que la loi réserve aux enfants. La part dont vous disposez librement, appelée quotité disponible, représente la moitié de vos biens avec un enfant, le tiers avec deux enfants et le quart avec trois enfants ou plus (article 913 du code civil). Au règlement de la succession, un enfant qui n’a pas reçu sa réserve peut demander la réduction des donations qui dépassent cette part.

Le présent d’usage n’a pas de plafond en euros : l’article 852 du code civil l’apprécie à la date du cadeau et selon la fortune de celui qui donne, et l’administration fiscale tranche au cas par cas.

Combien pouvez-vous donner sans payer de droits

Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement, c’est-à-dire d’une somme qui échappe totalement à l’impôt. Il se calcule par couple donateur-bénéficiaire, et il se recharge tous les 15 ans.

Vous donnez àAbattementRechargement
Votre enfant100 000 €tous les 15 ans
Votre petit-enfant31 865 €tous les 15 ans
Votre arrière-petit-enfant5 310 €tous les 15 ans
Votre époux ou partenaire de PACS80 724 €tous les 15 ans
Votre père ou votre mère100 000 €tous les 15 ans
Votre frère ou votre sœur15 932 €tous les 15 ans
Votre neveu ou votre nièce7 967 €tous les 15 ans
Une personne sans lien de parentéaucundroits de 60 % dès le premier euro
Une personne en situation de handicap159 325 € en pluscumulable avec l’abattement ci-dessus

Abattements en vigueur. Sources : article 779 et articles 790 B à 790 F du code général des impôts, vérifiés le 11 septembre 2026. Montants inchangés depuis 2012.

Ces abattements se cumulent entre les deux parents. Un père et une mère qui donnent chacun à leur fils lui transmettent 200 000 € sans droits. Avec deux enfants, le couple atteint 400 000 €.

Les quinze ans se comptent de date à date, depuis la signature de l’acte, et non par année civile.

D’où vient le chiffre de 100 000 euros

  • Source : impots.gouv.fr, page « Que puis-je donner a mes enfants, petits-enfants sans avoir a payer de droits ? », ouverte le 12 septembre 2026.
  • Méthode : montant lu sur la page officielle, pas sur un comparateur ni sur un simulateur de banque.
  • Ce qui n’est PAS compté : les émoluments du notaire, la taxe de publicité foncière et les débours, qui restent dus même quand aucun droit n’est dû.

L’enveloppe supplémentaire réservée à l’argent

Au-dessus de cet abattement, il existe une exonération spécifique aux dons de sommes d’argent, plafonnée à 31 865 €, rechargeable elle aussi tous les 15 ans. Elle obéit à deux conditions strictes : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire doit être majeur.

Elle se cumule avec l’abattement général. Une petite-fille majeure peut donc recevoir 63 730 € de son grand-père de moins de 80 ans sans un euro de droits : 31 865 € au titre de l’abattement petit-enfant, 31 865 € au titre du don familial de somme d’argent.

Au-delà de l’abattement : le barème des droits de donation

La part qui dépasse l’abattement est taxée par tranches. Entre parents et enfants, le taux va de 5 % à 45 %.

Part taxable après abattementTaux
jusqu’à 8 072 €5 %
de 8 072 à 12 109 €10 %
de 12 109 à 15 932 €15 %
de 15 932 à 552 324 €20 %
de 552 324 à 902 838 €30 %
de 902 838 à 1 805 677 €40 %
au-delà de 1 805 677 €45 %

Tarif des droits de donation en ligne directe. Source : article 777 du code général des impôts, tableau I, version en vigueur depuis le 30 décembre 2014, ouverte sur Légifrance le 12 octobre 2026.

Exemple sur 150 000 € taxables, soit une maison de 250 000 € donnée par un seul parent à un seul enfant :

8 072 € à 5 %
403,60 €
4 037 € à 10 %
403,70 €
3 823 € à 15 %
573,45 €
134 068 € à 20 %
26 813,60 €
Droits de donation
28 194,35 €

Le même bien donné par deux parents à deux enfants ne supporte aucun droit : chaque parent donne 62 500 € à chaque enfant, sous l’abattement de 100 000 €.

Hors ligne directe et hors couple marié ou pacsé, le tarif est plus élevé : 35 % puis 45 % au-delà de 24 430 € entre frères et sœurs, 55 % pour un neveu ou une nièce, 60 % entre personnes sans lien de parenté.

Donation de 150 000 € tous les 10 ans : une règle qui n’existe plus depuis 2012

Un relevé des recherches faites en France sur ce sujet, en septembre 2026, fait sortir un résultat du lot.

3 600 recherches par mois portent sur un abattement de 150 000 € renouvelable tous les 10 ans. Cette règle n’existe pas. Elle n’a jamais existé sous cette forme exacte, et ce dont les gens se souviennent a disparu il y a quatorze ans.

Avant 2011 : abattement de 159 325 €
tous les 6 ans
2011 : même montant
tous les 10 ans
Août 2012 : abattement ramené à 100 000 €
tous les 15 ans
Aujourd’hui
100 000 € tous les 15 ans

La deuxième loi de finances rectificative pour 2012 a fait les deux mouvements d’un coup : le montant a baissé de 37 %, et le délai de rechargement est passé de dix à quinze ans. Les deux changements jouent contre celui qui attend.

Deux règles voisines entretiennent ce souvenir. La loi du 21 août 2007 avait fixé l’abattement à 150 000 € par parent et par enfant, avec un délai de six ans. Revalorisé ensuite, il atteignait 159 325 € en 2011. L’assurance-vie garde de son côté un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les sommes versées avant 70 ans, au titre d’un prélèvement distinct des droits de donation.

Sources : versions successives des articles 779 et 784 du code général des impôts et article 990 I du même code, ouvertes sur Légifrance le 12 octobre 2026.

Cette confusion coûte de l’argent, parce qu’elle fait patienter. Une personne convaincue que son compteur se recharge tous les dix ans attend dix ans, redonne, et découvre que la donation précédente n’est pas encore sortie du calcul. Les droits tombent alors sur une somme qu’elle croyait exonérée.

Aujourd’hui, un parent de moins de 80 ans peut donner 131 865 € à un enfant majeur sans droits : 100 000 € d’abattement et 31 865 € de don familial de somme d’argent, une fois tous les 15 ans.

Le point de départ des 15 ans

Le délai court depuis la date de la donation précédente, pas depuis le 1er janvier suivant ni depuis la déclaration. Une donation du 3 mars 2012 sera totalement effacée le 3 mars 2027. Avant cette date, elle continue de manger l’abattement.

Donation de son vivant d’une maison : les frais sur 250 000 €

Les honoraires du notaire sur une donation ne sont pas libres. Ils sont fixés par l’État, au centime, et ils sont identiques dans toutes les études de France. Le barème figure à l’article A444-67 du code de commerce.

Tranche de valeur du bien donnéTaux
de 0 à 6 500 €4,837 %
de 6 500 à 17 000 €1,995 %
de 17 000 à 60 000 €1,330 %
au-delà de 60 000 €0,998 %

Barème des émoluments du notaire sur une donation acceptée, hors taxes. Source : article A444-67 du code de commerce, barème « donation entre vifs acceptée ». Tarif reconduit à l’identique par arrêté du 25 février 2026, applicable jusqu’au 29 février 2028.

Le calcul, sur une maison de 250 000 €

6 500 € à 4,837 %
314,41 €
10 500 € à 1,995 %
209,48 €
43 000 € à 1,330 %
571,90 €
190 000 € à 0,998 %
1 896,20 €
Émoluments hors taxes
2 991,98 €
TVA à 20 %
598,40 €
Émoluments toutes taxes comprises
3 590,38 €

À cette somme s’ajoutent trois prélèvements dus à l’État pour un bien immobilier : la taxe de publicité foncière au taux de 0,60 %, le prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement, égal à 2,37 % de cette taxe, et la contribution de sécurité immobilière au taux de 0,10 %. Sur 250 000 €, cela représente 1 500 €, 35,55 € et 250 €, soit 1 785,55 €. Ces taux sont ceux publiés par impots.gouv.fr, page « Donations par acte notarié », modifiée le 7 janvier 2026.

S’y ajoutent les débours, c’est-à-dire les frais que l’étude avance pour votre compte : documents d’urbanisme, état hypothécaire, copies.

Hors droits de donation et hors débours, la donation de cette maison coûte 5 375,93 € : 3 590,38 € d’émoluments et 1 785,55 € de taxes. Les émoluments se calculent sur la valeur du bien en pleine propriété, y compris quand le donateur garde l’usufruit.

Restent les droits de donation eux-mêmes, qui ne se déclenchent que sur la part qui dépasse l’abattement. Une maison de 250 000 € donnée par deux parents à deux enfants tombe intégralement sous les 400 000 € d’abattement, donc zéro droit à payer. La même maison donnée par un seul parent à un seul enfant laisse 150 000 € taxables, soit 28 194,35 € de droits selon le barème des droits de donation.

C’est exactement là que le choix du montage change le résultat, et l’étude le calcule avant de rédiger quoi que ce soit. Les tarifs d’actes, poste par poste, sont publiés.

La fenêtre fiscale qui ferme le 31 décembre 2026

Depuis le 15 février 2025, un dispositif temporaire s’ajoute à tous les autres. Il est codifié à l’article 790 A bis du code général des impôts, et il s’arrête le 31 décembre 2026.

Il permet de donner 100 000 € de plus par donateur, totalement exonérés, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire tous donateurs confondus. Il se cumule avec l’abattement de 100 000 € et avec le don familial de 31 865 €.

En contrepartie, l’argent n’est pas libre d’emploi. Le texte impose cinq conditions.

  1. Le bénéficiaire doit être un enfant, un petit-enfant ou un arrière-petit-enfant, ou à défaut de descendance, un neveu ou une nièce.
  2. Les fonds doivent servir au plus tard le dernier jour du sixième mois suivant le versement, à l’achat d’un logement neuf ou en état futur d’achèvement, ou à des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov’ dans le logement dont le bénéficiaire est propriétaire et qu’il habite. La construction de sa résidence principale par le bénéficiaire n’ouvre pas droit au dispositif.
  3. Le logement acheté doit rester pendant 5 ans la résidence principale du bénéficiaire ou celle d’un locataire, qui ne peut pas être membre de son foyer fiscal. Le logement rénové doit rester la résidence principale du bénéficiaire pendant 5 ans. Le délai court depuis l’achat, ou l’achèvement s’il est postérieur, et depuis la fin des travaux.
  4. Le don doit être une somme d’argent donnée en pleine propriété.
  5. Les dépenses ne doivent pas avoir déjà donné droit à MaPrimeRénov’, au crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile ou à une déduction de charges sur l’impôt sur le revenu.
Les deux conditions qui font perdre l’exonération après coup

Le délai de six mois et la conservation pendant cinq ans sont les deux pièges de ce dispositif. Un enfant qui revend son logement au bout de trois ans perd l’exonération et doit les droits, plusieurs années après avoir reçu l’argent. Un virement fait en décembre pour un achat qui traîne jusqu’en juillet suivant tombe hors délai. La date du virement compte, pas la date de la promesse de vente.

La loi de finances pour 2025 demandait au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport d’évaluation avant le 30 septembre 2026. Au 12 octobre 2026, l’article 790 A bis en vigueur arrête toujours le dispositif au 31 décembre 2026, et le projet de loi de finances pour 2027 déposé le 1er octobre ne cite pas cet article. Compter sur une prolongation revient à parier sur un texte qui n’existe pas.

À suivre : ce que le projet de budget prévoit pour 2027

Le plan « Transmissions 2027 », annoncé le 12 septembre 2026, figure à l’article 4 du projet de loi de finances pour 2027, déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le n° 3210. Le texte est en discussion au Parlement : rien n’est voté.

Tel qu’il a été déposé, l’article 4 vise les seuls dons de sommes d’argent faits en pleine propriété entre le 1er janvier et le 30 juin 2027. Il prévoit :

  • un don familial exonéré jusqu’à 50 000 €, au lieu de 31 865 €, aux conditions actuelles : donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur ;
  • un taux unique de 6 %, dans la limite de 100 000 € par donateur et par bénéficiaire, quand le bénéficiaire est majeur et a moins de 50 ans au jour du don ;
  • un taux ramené à 5 % si le bénéficiaire reverse au moins 1,1 % de la somme reçue à un organisme sans but lucratif d’aide aux personnes démunies ou aux victimes de violence domestique ;
  • les bénéficiaires du don familial actuel : enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, et neveu ou nièce seulement quand le donateur n’a pas de descendance.
Faut-il attendre 2027 pour donner ?

Pas forcément. La fenêtre de 2026 décrite plus haut est déjà votée, et elle ferme le 31 décembre. Le projet pour 2027 ne vise que les dons d’argent, sur six mois, et le débat parlementaire peut encore le modifier ou l’écarter. Selon ce que vous donnez et à qui, attendre peut vous faire gagner, ou vous faire lâcher un avantage certain pour un avantage qui n’existe pas encore. C’est la question à trancher avant de fixer la date de l’acte.

Cet article sera mis à jour dès l’adoption définitive du texte, avec les montants votés.

Donation de son vivant d’une maison avec usufruit

C’est la crainte qui bloque la plupart des donations : donner sa maison et se retrouver chez soi en invité. La loi permet de séparer la propriété de l’usage. Vous donnez la nue-propriété à vos enfants, vous gardez l’usufruit : vous habitez le bien ou vous en percevez les loyers jusqu’à votre décès, et à ce moment vos enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit supplémentaire.

L’intérêt fiscal est direct : les droits ne se calculent que sur la valeur de la nue-propriété, jamais sur la valeur totale du bien. Et cette valeur dépend de votre âge, selon un barème fixé par l’article 669 du code général des impôts.

Une main plus âgée remet un jeu de clés de maison dans la main d’une personne plus jeune
Donner la nue-propriété et garder l’usufruit, c’est transmettre le bien sans quitter les murs. Les clés ne changent de main qu’au décès.
Âge du donateurUsufruit conservéNue-propriété donnée, base taxable
moins de 21 ans90 %10 %
moins de 31 ans80 %20 %
moins de 41 ans70 %30 %
moins de 51 ans60 %40 %
moins de 61 ans50 %50 %
moins de 71 ans40 %60 %
moins de 81 ans30 %70 %
moins de 91 ans20 %80 %
plus de 91 ans10 %90 %

Valeur fiscale de l’usufruit et de la nue-propriété selon l’âge du donateur. Source : article 669 du code général des impôts, en vigueur depuis le 31 décembre 2003.

Lisez ce tableau comme un calendrier, pas comme une grille de calcul. Chaque palier du barème, au 71e puis au 81e anniversaire, augmente de 10 points la part taxable de votre donation. Une maison de 300 000 € donnée en nue-propriété à 69 ans est taxée sur 180 000 €. La même, donnée à 71 ans, est taxée sur 210 000 €. Deux ans d’attente ajoutent 30 000 € de base imposable.

Le calcul des droits sur une maison de 300 000 €

Un parent de 69 ans donne la nue-propriété de sa maison à son enfant et en garde l’usufruit.

Valeur de la maison en pleine propriété
300 000 €
Nue-propriété à 69 ans, 60 %
180 000 €
Abattement entre parent et enfant, à déduire
100 000 €
Part taxable
80 000 €
Droits de donation
14 194,35 €

Donnée à 71 ans, la même maison laisse 110 000 € taxables et 20 194,35 € de droits, soit 6 000 € de plus. Les émoluments du notaire restent calculés sur les 300 000 € de la pleine propriété, et le barème de l’article 669 s’applique aussi à la taxe de publicité foncière.

Qui paie quoi pendant l’usufruit

  • Le parent qui garde l’usufruit paie les réparations d’entretien et la taxe foncière.
  • L’enfant nu-propriétaire paie les grosses réparations : gros murs, voûtes, poutres, couverture entière, murs de soutènement et de clôture. Elles reviennent à l’usufruitier quand elles viennent d’un défaut d’entretien.
  • La vente du bien entier demande l’accord des deux.

L’acte peut prévoir un droit de retour : le bien revient au parent si l’enfant décède avant lui. Il peut aussi interdire à l’enfant de vendre ou de donner le bien pendant une durée limitée, à condition qu’un intérêt sérieux et légitime le justifie.

Sources : article 669 du code général des impôts, articles 605, 606, 900-1 et 951 du code civil, article A444-67 du code de commerce, ouverts sur Légifrance le 12 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr, fiche « En quoi consiste l’usufruit ? », vérifiée le 3 juillet 2026.

Donation de son vivant après 70 ans et après 80 ans

Les abattements ne dépendent pas de l’âge de celui qui donne. Un parent de 85 ans transmet 100 000 € à son enfant sans droits, comme un parent de 60 ans. L’âge joue sur trois autres règles : la valeur de l’usufruit, le don familial de somme d’argent et l’assurance-vie.

Âge du donateurCe qui change
70 ansAssurance-vie : les sommes versées après cet âge n’ont plus qu’un abattement global de 30 500 € au décès. La donation suit les mêmes règles qu’avant (article 757 B du code général des impôts).
71 ansDonation avec réserve d’usufruit : la nue-propriété taxable passe de 60 % à 70 % de la valeur du bien (article 669).
80 ansLe don familial de somme d’argent de 31 865 € s’arrête. L’abattement de 100 000 € par enfant reste entier (article 790 G).
81 ansDonation avec réserve d’usufruit : la nue-propriété taxable passe de 70 % à 80 % (article 669).

Les quatre âges qui modifient le calcul. Sources : articles 669, 757 B, 779, 790 G et 990 I du code général des impôts, ouverts sur Légifrance le 12 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr, fiche « Quels sont les droits à payer sur une donation selon le lien avec le donateur ? », vérifiée le 13 mai 2026.

Donation de son vivant après 70 ans : ce qui change

Le seuil de 70 ans vient de l’assurance-vie. Les sommes versées sur un contrat après cet âge sont soumises aux droits de succession au-delà d’un abattement de 30 500 €, tous contrats et tous bénéficiaires confondus. Les sommes versées avant 70 ans gardent un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Une donation suit les mêmes règles à 69 ans et à 70 ans. Le changement arrive au 71e anniversaire pour une donation avec réserve d’usufruit : sur une maison de 300 000 €, la base imposable monte de 180 000 € à 210 000 €.

Donation de son vivant après 80 ans : ce qui reste possible

Le don familial de somme d’argent de 31 865 € s’arrête à 80 ans : le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don.

Les autres donations restent ouvertes après 80 ans : l’abattement de 100 000 € par enfant et de 31 865 € par petit-enfant, la donation-partage, la donation d’un bien immobilier avec ou sans usufruit, les présents d’usage. Au 81e anniversaire, la nue-propriété taxable passe de 70 % à 80 %.

Après 80 ans, les conditions pour donner restent les mêmes : être sain d’esprit (article 901 du code civil) et avoir la capacité de gérer ses biens.

Comment ça se passe, concrètement

  1. Le rendez-vous de cadrage. On liste ce que vous voulez donner, à qui, et ce que vous voulez garder. C’est là que se décide le montage, pas plus tard.
  2. L’évaluation du bien. Une valeur sous-estimée est le premier motif de redressement. Elle se justifie par des ventes comparables, pas par une estimation en ligne.
  3. La collecte des pièces. Titre de propriété, état civil, régime matrimonial, diagnostics pour un bien bâti.
  4. La signature. Tous les bénéficiaires signent, sur place ou à distance selon l’acte.
  5. La publication au fichier immobilier, qui rend la donation opposable à tous.
Gros plan sur une main qui signe un acte au stylo, sur un bureau
La signature ferme le dossier et fixe la valeur. Avant elle, tout se discute ; après, plus rien ne se rattrape sans frais.

Comptez six à dix semaines entre le premier rendez-vous et la signature pour une donation immobilière simple. Le délai vient des pièces à réunir, pas de la rédaction. Si votre objectif est de profiter de la fenêtre qui ferme fin 2026, le calendrier se construit à l’envers, depuis le 31 décembre.

Vous trouverez le détail de l’intervention de l’étude sur les pages notaire en droit de la famille et notaire en droit immobilier.

Questions fréquentes sur la donation de son vivant

Peut-on annuler une donation ?

Non, une donation est irrévocable. Le principe est absolu en droit français, et il ne connaît que trois exceptions : l’inexécution des charges prévues dans l’acte, l’ingratitude du bénéficiaire, et la survenance d’un enfant lorsque l’acte le prévoyait. C’est précisément ce caractère définitif qui justifie de réfléchir au montage avant, et non après. Le donateur dispose de cinq ans pour agir après l’arrêt des charges, d’un an après avoir eu connaissance des faits d’ingratitude, et de cinq ans après la naissance ou l’adoption plénière de l’enfant.

Que se passe-t-il si je donne plus à un enfant qu’à l’autre ?

C’est possible, dans la limite de la part réservée à chaque enfant par la loi. Au décès, les donations sont rapportées au calcul pour vérifier qu’aucun héritier n’a été privé de sa réserve. La donation-partage est l’outil qui règle ce point à l’avance, en figeant la valeur de chaque lot au jour de l’acte plutôt qu’au jour du décès.

Faut-il déclarer un don d’argent même sans notaire ?

Oui. Le bénéficiaire doit le déclarer à l’administration fiscale, et cette déclaration se fait obligatoirement en ligne depuis le 1er janvier 2026, sauf exceptions. Sans déclaration, le don n’est pas daté, donc le compteur des 15 ans ne démarre jamais, et l’exonération ne peut pas être opposée à l’administration.

Quelle différence entre donation et testament ?

La donation transmet le bien tout de suite et ne se reprend pas. Le testament ne produit son effet qu’au décès, et son auteur peut le révoquer jusque-là. La donation utilise l’abattement dès maintenant et fait courir le délai de 15 ans. Le testament laisse la maîtrise des biens jusqu’au décès.

Quelle différence entre donation et succession ?

Les deux obéissent au même barème et au même abattement entre parent et enfant. La donation ajoute trois possibilités que la succession n’offre pas.

RègleDonation de son vivantSuccession
Abattement entre parent et enfant100 000 €100 000 €
Renouvellement de l’abattementtous les 15 ansune seule fois, et les donations de moins de 15 ans sont reprises dans le calcul
Barème au-delà de l’abattement5 % à 45 %5 % à 45 %
Don d’argent exonéré de 31 865 €oui, avant 80 ansnon
Bien donné avec réserve d’usufruitdroits calculés sur la seule nue-propriétésans objet

Sources : articles 669, 777, 779, 784 et 790 G du code général des impôts, ouverts sur Légifrance le 12 octobre 2026.

Qui paie les droits de donation ?

Les droits sont dus par celui qui reçoit. Le donateur peut les prendre à sa charge sans que cette somme soit comptée comme une donation supplémentaire. Quand la donation passe par un acte notarié, le paiement se fait par l’intermédiaire du notaire.

Une donation peut-elle être contestée par les autres héritiers ?

Oui, quand elle dépasse la quotité disponible. Au règlement de la succession, les enfants peuvent demander la réduction des donations qui entament leur réserve. Un héritier peut renoncer à l’avance à cette action par un pacte successoral. Une donation-partage où chaque enfant reçoit et accepte un lot fige les valeurs au jour de l’acte.

Un prêt non remboursé est-il une donation ?

Il peut le devenir. Quand le prêteur renonce au remboursement, l’administration fiscale regarde l’emprunteur comme le bénéficiaire d’une donation. Il doit la déclarer, et elle est imposée selon son lien de parenté avec le prêteur.

Peut-on donner à son concubin ?

Oui, la loi permet de donner à la personne de son choix. Le concubin n’a droit à aucun abattement et les droits s’élèvent à 60 %. L’époux et le partenaire de PACS disposent d’un abattement de 80 724 €. La donation au dernier vivant est réservée aux époux.

Comment cet article a été établi

  1. Chaque règle citée a été vérifiée à sa source officielle en septembre 2026 : article 931 du code civil pour la forme des donations, article 779 du code général des impôts pour les abattements, article 790 A bis du code général des impôts pour le dispositif temporaire, article 669 du même code pour le barème de l’usufruit, article A444-67 du code de commerce pour les émoluments.
  2. Le calcul de coût a été refait tranche par tranche sur le barème publié, et non repris d’un simulateur.
  3. Les volumes de recherche cités proviennent d’un relevé fait le 9 septembre 2026 sur la base France d’un outil de mesure du référencement. Ce sont des estimations mensuelles moyennes, pas un comptage exact.
  4. Les sections ajoutées le 12 octobre 2026 reposent sur des textes ouverts ce jour-là : articles 669, 757 B, 777, 779, 784, 790 A bis, 790 G et 990 I du code général des impôts, articles 605, 606, 843, 852, 860, 894, 895, 900-1, 901, 913, 951, 957, 966, 1075 et 1078 du code civil, article 71 de la loi de finances pour 2025, article 4 du projet de loi de finances pour 2027, et les pages de service-public.gouv.fr et d’impots.gouv.fr citées sous chaque tableau. Les trois exemples chiffrés de droits ont été calculés tranche par tranche sur le barème de l’article 777.

Ce que cet article ne dit pas : il ne traite ni de la donation d’entreprise et du pacte Dutreil, ni des donations internationales, ni du sort des donations en cas de divorce ou de remariage. Ces trois situations changent les règles et se traitent en rendez-vous.

Les sources, ouvertes une par une

Pour aller plus loin sur ce site

Ce qui a changé dans cet article

  • 12 octobre 2026. Titre recentré sur les règles, les abattements et les frais. Sections ajoutées : formes de donation, barème des droits au-delà de l’abattement avec un exemple sur 150 000 € taxables, donation après 70 ans et après 80 ans, calcul des droits avec réserve d’usufruit, six questions fréquentes. Conditions du dispositif logement complétées. Passage sur 2027 réécrit d’après l’article 4 du projet de loi de finances déposé le 1er octobre 2026.
  • 12 octobre 2026. Frais dus à l’État sur une donation immobilière : les trois taux officiels sont ajoutés et l’exemple sur 250 000 € est recalculé, soit 1 785,55 €.
  • 14 septembre 2026. Ajout du plan « Transmissions 2027 » annoncé par le gouvernement le 12 septembre : don d’argent exonéré porté à 50 000 € et taux unique de 6 %, en attente du vote du projet de loi de finances.
  • 12 septembre 2026. Les six affirmations chiffrées de l’article ont été rouvertes à leur source officielle. Une date corrigée : la fenêtre du dispositif temporaire commence le 15 février 2025, lendemain de la promulgation de la loi, et non le 16. Bloc de sources et provenance des chiffres ajoutés.
  • 11 septembre 2026. Première publication.

Maître Audrey Bolufer, notaire à Fronton (31620). L’étude intervient sur l’ensemble du territoire français, la compétence du notaire étant nationale.

Cet article présente les règles générales en vigueur à sa date de publication. Il ne remplace pas une consultation : le montant des droits, le choix du montage et les conséquences civiles dépendent de votre situation familiale et patrimoniale précise. Les montants et dispositifs cités peuvent être modifiés par une prochaine loi de finances.

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Nous avons fais appel a Maître Bolufer dans le cadre d’un achat d’un bien immobilier. Nous nous sommes sentis en confiance tout au long de notre projet ! De part son professionnalisme, sa rigueur, sa bienveillance et son travail remarquable, nous avons pu concrétiser notre projet ! Je ne peux que vous recommander Maître Bolufer ! Merci encore !!

C
Cécile Scinocca il y a 3 mois

Je recommande vivement cette étude notariale ! L’équipe a fait preuve d’un grand professionnalisme tout au long de mon dossier. J’ai particulièrement apprécié leur disponibilité, leurs explications claires et leur accompagnement à chaque étape. Le suivi a été sérieux et rassurant, ce qui est très important pour des démarches souvent complexes. Un grand merci à toute l’équipe pour leur efficacité et leur bienveillance.

A
Annelaure I. il y a 5 mois

Suite à l’achat d’un bien immobilier, maître Bolufer nous a été conseillé. Consciencieuse, rigoureuse, méticuleuse, humaine, doté d’un professionnalisme et d’une confiance exemplaire, le tout, toujours avec le sourire. Nous reviendrons volontiers pour d’autres projets, nous la recommandons vivement. Merci beaucoup.

A
Alexis Kebabi Local Guide · il y a 3 mois

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Cécile Scinocca il y a 3 mois

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Annelaure I. il y a 5 mois

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Alexis Kebabi Local Guide · il y a 3 mois
Portrait de Maître Audrey Bolufer, notaire à Fronton

Maître Audrey Bolufer

Notaire · Fronton, Haute-Garonne

Maître Audrey Bolufer est notaire à Fronton (Haute-Garonne), membre de la Chambre interdépartementale des notaires de Toulouse et de la Chambre Interdépartementale des Notaires de Toulouse. Elle accompagne particuliers, familles et entrepreneurs de l’Occitanie dans tous leurs projets de droit notarial : immobilier, famille, entreprise, patrimoine et droit rural depuis plus de 15 ans.

21 Allée du Général Baville, 31620 Fronton
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